Le Comité de Pilotage et d’Orientation de la Réforme des Finances Publiques (COREF) a organisé, ce mardi 11 août 2026 à Kinshasa, une réunion technique consacrée à la présentation et à l’analyse des résultats de l’Enquête sur le Budget Ouvert (EBO) 2025, pour la République Démocratique du Congo, sous la conduite de Monsieur Godfroid MISENGA MILABYO, son Secrétaire Exécutif. Au-delà de la restitution des résultats, cette rencontre a offert un cadre de réflexion aux différentes parties prenantes en vue de dégager des recommandations susceptibles de renforcer la transparence, la participation citoyenne et la redevabilité dans la gestion des finances publiques.

Organisée dans les locaux du COREF, cette rencontre a réuni différents acteurs concernés par les questions de gouvernance et de gestion des finances publiques, notamment des représentants des ministères des Finances et du Budget, ceux de la Cour des Comptes, de l’Inspection Générale des Finances et des Organisations de la Société Civile ainsi que des Experts du COREF.

Cette réunion a constitué l’appropriation nationale des résultats de l’Enquête sur le Budget Ouvert 2025, rendus publics le 3 juin 2026 par l’International Budget Partnership (IBP). Cette enquête constitue un outil international de recherche permettant d’évaluer et de comparer, de manière indépendante, la transparence budgétaire, la participation citoyenne ainsi que le contrôle du processus budgétaire dans plus de 82 pays à travers le monde.

La présentation des résultats a permis aux participants de mieux cerner le positionnement de la RDC et d’identifier les principaux défis auxquels le pays reste confronté pour améliorer sa position dans le classement mondial dans les domaines de la transparence et de la redevabilité budgétaires ainsi que dans celui de la participation citoyenne dans la gouvernance des finances publiques. L’essentiel à retenir de l’EBO 2025 est qu’en matière de participation du public dans le processus budgétaire, la RDC a perdu sa position de leader en Afrique prenant la deuxième place, avec une note de 31 sur 100 points, contrairement aux dix dernières années au cours desquelles elle était toujours classée en première position.  En matière de transparence des finances publiques, la RDC n’a réalisé que la note de 41 sur 100 points, se laissant ainsi dépasser par quatre autres pays africains en tête, pour cet indicateur.  Enfin, pour ce qui est du contrôle des finances publiques, le pays s’est classé au second rang africain avec la note de 52 sur 100 points.

Les échanges tenus lors de cette réunion, ont particulièrement porté sur les mécanismes susceptibles de rendre disponibles et ce, dans les délais requis, divers documents budgétaires afin de garantir aux citoyens un meilleur accès à l’information budgétaire et de renforcer leur implication dans les différentes étapes du processus budgétaire.

Au-delà de la présentation des résultats et des recommandations issues de l’EBO 2025, la rencontre s’est voulue participative. Une séance de questions-réponses a ainsi permis aux participants d’approfondir les principaux constats de l’enquête avant l’organisation des travaux en groupes consacrés à la formulation des recommandations concrètes.

Trois axes majeurs ont structuré les travaux, correspondant aux trois indicateurs analysés : la transparence des finances publiques, la participation citoyenne au processus budgétaire et la redevabilité dans la gouvernance des finances publiques. Répartis en trois groupes thématiques, les participants ont été appelés à examiner les principaux défis relevés dans chacun de ces domaines et à formuler des recommandations concrètes susceptibles de renforcer les performances de la RDC lors de la prochaine Enquête sur le Budget Ouvert, prévue en 2027.

Les conclusions des travaux en groupes ont ensuite été soumises aux débats en plénière. Cette étape a permis aux différentes parties prenantes d’examiner, d’enrichir et d’adopter les recommandations formulées autour des trois axes retenus. La démarche a ainsi privilégié une approche concertée, associant les acteurs concernés à la recherche de solutions permettant de renforcer durablement la gouvernance budgétaire selon les standards internationaux.

À travers cette rencontre, le COREF a réalisé un coup double : d’une part, affirmer son leadership en matière des réflexions stratégiques sur les voies et moyens d’améliorer la gouvernances des finances publiques en RDC et, d’autre part,  opérationnaliser  les objectifs assignés au Sous-Comité technique de la réforme relative à la Gouvernance participative des Finances Publiques, notamment en matière de suivi de la mise en œuvre des actions de réformes relatives à la transparence, à la redevabilité et à la participation des citoyens dans le processus budgétaire.

Les travaux se sont achevés par la présentation des principales recommandations devant alimenter une feuille de route pour leur mise en œuvre. Celle-ci devrait permettre de traduire les renseignements de l’Enquête sur le Budget Ouvert en actions concrètes et de renforcer le suivi des mesures destinées à améliorer la performance de la RDC dans les prochaines évaluations.

Cette réunion technique a ainsi constitué bien plus qu’un exercice de restitution. Elle a offert un espace de dialogue entre les acteurs concernés autour d’un objectif commun : faire progresser la RDC vers une gestion des finances publiques davantage transparente, participative et redevable, dans laquelle le citoyen est mieux informé et davantage associé au processus budgétaire.