Dans les provinces du Kasaï, du Kasaï Central, du Kasaï Oriental et de la Lomami, le COREF, avec l’appui du Projet ENCORE, sur financement de la Banque mondiale, a franchi une nouvelle étape dans la promotion de la gouvernance locale participative. À travers l’accompagnement de quinze Entités Territoriales Décentralisées (ETD) pilotes, des centaines de citoyens ont contribué directement à la définition des priorités d’investissement qui seront prises en compte dans les budgets locaux de l’exercice 2026.

Faire participer les citoyens aux décisions qui concernent directement leur quotidien : telle est l’ambition portée par le Comité de Pilotage et d’Orientation de la Réforme des Finances Publiques (COREF), à travers le Projet d’Amélioration du Recouvrement des Recettes et de la Gestion des Dépenses en RDC (ENCORE).

Dans le cadre de la mise en œuvre de la Composante 2 du Projet ENCORE, une mission d’accompagnement s’est déroulée du 25 janvier au 8 mars 2026 dans quinze Entités Territoriales Décentralisées (ETD) pilotes réparties dans les provinces du Kasaï, du Kasaï Central, du Kasaï Oriental et de la Lomami. Cette initiative visait à appuyer les autorités locales dans la préparation des budgets participatifs de l’exercice 2026, en cohérence avec les Plans Locaux de Développement (PLD) 2024-2028.

Déployée sur le terrain, l’équipe du COREF/ENCORE, composée de Madame Florence MOGBEKUMA, Experte en budget participatif, et de Monsieur Papy MUNDAMA, Expert junior, a accompagné les parties prenantes locales à travers un processus structuré reposant sur quatre étapes essentielles à savoir : (i) les Réunions d’Orientation Budgétaire (ROB) ; (ii) les fora des quartiers, villages et groupements ; (iii) les forums des délégués et (iv) les forums des ETD.

Ces espaces d’échanges ont permis aux citoyens, aux autorités locales, aux représentants de la société civile, aux opérateurs économiques ainsi qu’aux services techniques des ETD de dialoguer autour des priorités de développement de leurs communautés. Ensemble, ils ont analysé les capacités de mobilisation des recettes locales, identifié les besoins les plus pressants des populations et proposé des solutions adaptées aux réalités de chaque ETD.

Au cours de cette mission, les activités ont mobilisé plusieurs centaines de participants, dont les femmes et les jeunes dans les quinze ETD concernées. Les consultations citoyennes ont notamment favorisé l’expression des besoins communautaires, l’identification des opérateurs économiques locaux ainsi que l’élection des délégués chargés de représenter les populations dans la suite du processus budgétaire. Les forums des délégués ont, quant à eux, permis de voter les membres des comités de suivi du processus budget participatif, de consolider les listes des opérateurs économiques identifier par la population et de consolider les priorités retenues et de sélectionner, par vote, les projets à intégrer dans les budgets des ETD pour l’exercice 2026.

L’un des acquis majeurs de cette mission réside dans le renforcement de l’appropriation locale du budget participatif. Dans chacune des quinze ETD pilotes, les autorités locales ont défini la part du budget d’investissement devant être consacrée aux projets issus des consultations citoyennes, installé officiellement les membres des Comités Budget Participatif chargés d’assurer le suivi de la mise en œuvre du BP et procédé à l’élaboration ainsi qu’à la signature d’arrêtés instituant cette approche pour l’exercice budgétaire 2026.

Les priorités retenues ont traduit les préoccupations concrètes des populations, notamment l’accès à l’eau potable, la lutte contre l’érosion, l’éclairage public, la réhabilitation des marchés, l’assainissement, le désenclavement des quartiers, l’aménagement des infrastructures communautaires. Autant d’investissements appelés à améliorer durablement les conditions de vie des citoyens.

Au-delà des résultats enregistrés, la mission a également mis en évidence certains défis persistants, notamment la faible mobilisation des recettes locales, l’insuffisance de facilitateurs spécialisés dans certaines ETD et les capacités institutionnelles limitées de certains acteurs impliqués dans le processus. Face à ces contraintes, le rapport recommande le renforcement des capacités des administrations locales, la formation continue des membres des comités de suivi ainsi que la dotation des ETD en outils adaptés à une gestion moderne des finances publiques locales.

À travers cette initiative, le COREF réaffirme son engagement à promouvoir une gestion plus transparente, inclusive et responsable des finances publiques locales. En donnant aux citoyens l’opportunité d’influencer directement les choix d’investissement de leurs entités, le budget participatif apparaît comme un levier concret de renforcement de la décentralisation financière et de consolidation du contrat de confiance entre les autorités locales et les populations. Le succès de cette mission ouvre ainsi la voie à une gouvernance locale davantage tournée vers les besoins réels des communautés, où chaque citoyen devient un acteur à part entière du développement de son milieu.